La folle épopée
plus de 100 ans d’histoire
Émile DIACRE
un personnage haut en couleur
Tout commence à la fin du XIXe siècle, Émile Diacre avait repris, avec son épouse, l’épicerie fondée par ses parents en 1861, situé à Thouars.
Bien plus qu’une simple épicerie de proximité, l’établissement s’impose rapidement comme un acteur majeur du commerce de gros et de détail dans la région de Thouars. La Maison Diacre se distingue par une activité polyvalente et un artisanat rigoureux :
- Fabrication artisanale d’eaux gazeuses, de limonades et de la célèbre eau de Seltz.
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Sélection de vins et spiritueux, liqueurs de marque et alcools fins.
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Droguerie et produits d’épicerie fine pour une clientèle exigeante.
Fournisseur privilégié des cafés, hôtels et restaurants du nord Deux-Sèvres, Émile Diacre était une figure incontournable de la vie économique locale. Cette influence naturelle le conduit à collaborer avec Armand Chary.
Ensemble, ils deviennent les piliers du célèbre Banquet de Massais. Engagé dès les premières heures dans ce projet visionnaire, Émile Diacre joua un rôle clé lors de la réunion du 22 juillet 1922…
La pêche miraculeuse
24 juillet 1922
Comme chaque année, Émile Diacre rejoignait une trentaine de compagnons pour la traditionnelle partie de pêche marquant le lancement du rendez-vous des voyageurs à Massais. Le cadre était idyllique : le jardin du père Jolly, situé à deux pas du Moulin du Pont, là où les eaux de l’Argenton coulent paisiblement.
C’est dans ce décor bucolique qu’allait naître, en 1922, l’une des blagues les plus célèbres du folklore local.
Si l’histoire est souvent déformée, la réalité est bien plus malicieuse, la blague ne fut pas faite à Émile Diacre. C’est lui-même qui fut l’initiateur de ce canular : il s’était procuré un homard cuit, dans la cuisine du restaurant de l’hôtel Jolly. Il avait bien préparé sa blague, car, en sortant le homard de l’Argenton il s’était écrié :
« Dieu des forces invisibles, fais-moi vainqueur ! » …puis
« Je fais vœu de créer le philtre réparateur des forces de l’humanité. »
La naissance de la marque
28 juin 1926
Un an après avoir été élevé au rang de Grand Dignitaire de l’Ordre du Cardinal de l’Argenton, Émile Diacre choisit le banquet du 28 juin 1926 pour marquer les esprits. Devant une assemblée conquise, il annonce officiellement la naissance imminente de sa création : le Duhomard Rouge.
Pour orchestrer ce lancement, il distribue à chaque convive un rond de serviette en papier original, faisant office d’avis de naissance pour cet « apéritif reconstituant » tant attendu.
Réunissant plus de 400 représentants et voyageurs de commerce, ce banquet fut le théâtre d’un véritable coup de publicité avant l’heure. Émile Diacre, seul fabricant et inventeur, présente alors le Duhomard comme « le plus puissant reconstituant et le plus agréable apéritif créé à ce jour ; ses effets sont remarquables pour faciliter les affaires et, par la suite, il sera le Grand Favori des voyageurs de Commerce », signé Émile Diacre.
LANCEMENT OFFICIEL
12 décembre 1926
C’est à Niort, le 12 décembre 1926, lors du grand banquet corporatif du Syndicat des Voyageurs et Représentants du Centre-Ouest, que l’apéritif fait son entrée fracassante. Devant une assemblée d’experts du commerce et de fins gourmets, Émile Diacre dévoile le fruit de son travail, répondant à l’impatience de ceux qui attendaient de découvrir ce breuvage.
En choisissant Niort, plaque tournante du commerce régional, pour son lancement, Émile Diacre signait l’acte de naissance d’une icône du patrimoine des Deux-Sèvres.
Dépôt de la marque
1928 – Quinquina Duhomard
Alors qu’il dirigeait avec son épouse son florissant négoce de vins, bières et limonades à Thouars, Émile Diacre comprit qu’une grande boisson nécessitait une image forte. Pour propulser ses deux créations — le Duhomard Rouge et le Duhomard Blanc — au-delà du cercle des initiés du Banquet de Massais, il initia une stratégie publicitaire audacieuse.
Il confia l’édition d’une affiche à l’imprimeur Camis situé à Paris. C’est le célèbre illustrateur Albert Dorfinant qui créa le graphisme si particulier de cette publicité représentant un groom chevauchant un homard et portant un plateau où se trouvent deux verres ( un de Duhomard rouge et, et l’autre de Duhomard blanc). Cette affiche est encore de nos jours, le symbole de la marque.
À l’âge de 58 ans, faisant preuve d’un sens des affaires aiguisé, Émile Diacre franchit une étape cruciale. Il procède au dépôt officiel de la marque Quinquina Duhomard, protégeant ainsi non seulement le nom, mais aussi le graphisme unique qui orne nos bouteilles et nos publicités depuis près d’un siècle.
Robert Diacre
1936 – la relève
En 1936, une étape cruciale est franchie pour la pérennité de l’entreprise. À 67 ans, Émile Diacre transmet son héritage lors d’une donation-partage. C’est son second fils, Robert Diacre, qui reprend les rênes du négoce de vins et spiritueux de Thouars, incluant l’exploitation exclusive de la marque Duhomard.
Diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Paris, Robert Diacre apporte une vision moderne et stratégique à l’entreprise familiale. Sous son impulsion, entre 1936 et le début des années 1940, l’affaire connaît un développement sans précédent.
Tout comme son père avant lui il approvisionne les cafés et les restaurants dans tout l’ouest de la France en vins et spiritueux de toutes provenances. Il est fait prisonnier pendant 5 ans lors de la seconde guerre mondiale. À son retour de captivité il reprit les rênes de son négoce et l’activité principale qui consistait principalement en la mise en bouteilles et en la commercialisation, sous la marque « R.D. » de vins d’origines diverses, d’un vin supérieur et, bien entendu, du Duhomard.
Malgré une reprise courageuse de l’activité et des investissements publicitaires pour soutenir le Duhomard, les habitudes de consommation évoluent. La production se stabilise alors à quelques centaines de bouteilles par an. Peu à peu, la marque s’efface du paysage public pour entrer dans une période de sommeil, devenant un secret jalousement gardé par les passionnés du terroir thouarsais.
Daniel Lavault
1978 – 2007
L’histoire du Duhomard prend un tournant décisif grâce à la vision d’un enfant du pays. À 31 ans, Daniel Lavault, électricien de formation à Thouars, décide de changer d’horizon professionnel. Sa rencontre avec un négociant en vins et spiritueux local est une révélation : il reprend l’affaire avec une ambition nouvelle.
Rapidement, Daniel Lavault développe une clientèle qui dépasse les frontières du Nord-Deux-Sèvres. Porté par l’enthousiasme des élus municipaux et des acteurs locaux souhaitant revoir le Duhomard sur les tables, il se rapproche de Robert Diacre.
Un accord historique est scellé : Robert Diacre autorise Daniel Lavault à distribuer le légendaire apéritif sous son propre nom. Le succès est immédiat. Le Duhomard redevient « à la mode » et s’affiche fièrement aux comptoirs de tous les cafés thouarsais.
La cession de la dénomination « Duhomard » et l’utilisation du graphisme de l’étiquette furent accordé définitivement à Daniel Lavault en 1982.
Yves Fradin
2007-2011
Ingénieur en Agriculture spécialisé en viticulture et en œnologie, le Bressuirais Yves Fradin cherchait après huit années passées à travailler dans l’agro-alimentaire, à s’installer à son propre compte. Il avait lu dans la presse régionale que Daniel Lavault souhaitait céder son affaire. Connaissant le Duhomard mais ayant aussi apprécié l’histoire de cet apéritif, il contactera le vendeur et, quelques mois après leur première rencontre, Yves Fradin devint le nouvel exploitant du fameux Duhomard. Il sera formé de juin à septembre 2007 auprès de Daniel Lavault qui depuis son entrepôt lui apprendra tout sur la marque de la mise en bouteille à la négoce.
Le passage de témoin officiel a lieu le 18 septembre 2007, jour symbolique marquant le 60e anniversaire de Daniel Lavault. Yves Fradin fonde alors la structure FGA (Fradin Gastronomie et Associés). Il s’était fixé pour objectif de tripler, dans les deux ans, la production annuelle de son prédécesseur qui était de l’ordre de 7000 à 8000 bouteilles.
Un an tout juste après la reprise de la marque, la production atteignait les 13 000 bouteilles. Il lui restait deux ans pour parvenir à l’objectif souhaité de 30 000 bouteilles. Pour en arriver à ce chiffre, il avait décidé de proposer, en mai 2008, de nouvelles références à la vente.
Les jardins de l’orbrie
2011 – …
L’histoire du Duhomard prend un nouvel élan lorsqu’elle croise la route d’Alain Péridy, entrepreneur passionné par le terroir et fondateur de la société Les Jardins de l’Orbrie.
Grâce à une croissance solide et à l’inauguration en 2009 de locaux plus vastes en Deux-Sèvres, l’entreprise a souhaité diversifier son activité. L’objectif était d’intégrer à son catalogue des produits de caractère, porteurs d’une identité régionale forte.
C’est dans cette dynamique qu’Alain Péridy a concrétisé la reprise de la marque Duhomard auprès d’Yves Fradin, le 1er juillet 2011.
Une marque centenaire
1926 – 2026
Aujourd’hui, la marque appartient toujours à la société Les Jardins de l’Orbrie. Celle-ci est commercialisée un peu partout en France et est toujours une marque emblématique du terri’Thouars.
Pour célébrer un siècle d’existence, nous avons choisi de rendre hommage à nos racines. À l’occasion des 100 ans de la marque, une étiquette exclusive en édition limitée a été créée pour notre référence historique : Le Rouge Duhomard.
Ce graphisme collector reprend la célèbre scène de la « pêche miraculeuse » d’Émile Diacre sur l’Argenton, un clin d’œil authentique à l’audace du fondateur.
« Il ne faut pas l’oublier : Le Duhomard,
Ça retap’ les vieillards
Ça ressucit’ les morts. »
